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Portail captif : les obligations légales en France en 2026

Le portail captif n'est pas imposé en tant que tel pour ouvrir un Wi-Fi public. Les obligations portent notamment sur certaines données techniques, leur conservation et la protection des personnes. Ce guide distingue les repères de la CNIL, les textes applicables et les choix de configuration à faire valider.

Illustration 3D : un routeur organise des archives pendant qu’un téléphone entre dans un portail
Illustration éditoriale : accueillir les visiteurs et organiser les données techniques.
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L’essentiel

Le portail captif n'est pas imposé en tant que tel pour ouvrir un Wi-Fi public. Les obligations portent notamment sur certaines données techniques, leur conservation et la protection des personnes. Ce guide distingue les repères de la CNIL, les textes applicables et les choix de configuration à faire valider.

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L'essentiel

Trois phrases suffisent pour cadrer le sujet.

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Aucun texte français n'impose un portail captif pour ouvrir un Wi-Fi au public. Le portail est un moyen technique, pas une obligation en soi.

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L'obligation porte sur la conservation de certaines données de connexion. La CNIL fixe 3 repères : 5 ans pour l'identité civile si vous choisissez de l'identifier, 1 an pour les informations de compte et les données techniques, 3 mois maximum pour certaines données de sécurité.

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Le contenu des messages et les sites visités ne sont pas concernés par cette obligation. Un outil qui garde l'historique de navigation poursuit un autre objectif et doit être évalué séparément.

La CNIL le dit noir sur blanc : un établissement n'est, en principe, pas obligé d'identifier ses clients pour leur fournir un accès Wi-Fi public. C'est la phrase que beaucoup d'articles oublient. Notre guide Le portail captif est-il obligatoire ? détaille cette distinction.

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Ce que la loi impose vraiment

L'article L.34-1 du Code des postes et des communications électroniques vise les personnes qui, au titre d'une activité professionnelle principale ou accessoire, offrent au public une connexion permettant une communication en ligne, y compris à titre gratuit. La gratuité ne change rien. Un hôtel, un restaurant, un camping, un commerce, un musée, une salle d'attente ou un espace de coworking entre dans le champ dès qu'il ouvre un accès à ses clients ou à ses visiteurs.

Ce que la loi demande, concrètement, c'est de pouvoir identifier la source technique d'une connexion. Pas de connaître la vie privée de la personne. Pas de lire ses messages. Pas de savoir quels sites elle a consultés.

SituationConcerné ?Ce que cela implique
Un hôtel offre le Wi-Fi à ses clientsOuiConservation des données techniques de connexion
Un restaurant donne un code Wi-Fi à tableOuiMême cadre, même si l'accès est gratuit
Un camping couvre ses emplacementsOuiVolume et durée des sessions à dimensionner
Un commerce ouvre un réseau invitéOuiSéparation du réseau interne et journalisation
Une entreprise fournit un Wi-Fi à ses salariésNon, pour cette obligation spécifiqueLe réseau visiteurs reste concerné
Un particulier partage son Wi-Fi avec des amisNonLe cadre professionnel n'est pas rempli

La CNIL précise aussi que l'établissement n'a pas à relever l'identité civile de ses clients pour fournir une connexion ouverte. S'il choisit de le faire, pour une raison qu'il doit pouvoir justifier, la conservation des données d'identité passe à 5 ans. Ce choix n'est donc pas neutre. Demander une pièce d'identité "au cas où" ajoute une obligation qui n'était pas nécessaire.

Les salariés et les visiteurs ne suivent pas le même régime. L'accès fourni par un employeur à ses employés sort de cette obligation spécifique. Le réseau proposé aux clients, aux prestataires ou aux candidats reste concerné. C'est l'une des raisons pour lesquelles un réseau invité séparé est plus simple à administrer qu'un réseau unique partagé par tout le monde.

Notre page sur le Wi-Fi public sécurisé et ses obligations légales reprend ces principes et montre comment les traduire dans l'infrastructure.

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Les 3 durées à ne pas confondre

Les durées de conservation ne s'appliquent pas à un bloc unique appelé "logs Wi-Fi". Elles dépendent de la catégorie de données et de la finalité. Les repères ci-dessous viennent de la CNIL (CNIL). Voici le tableau à garder sous les yeux.

CatégorieDuréeQuand cela s'appliqueCe que cela change pour votre portail
Identité civile : nom, prénom, date et lieu de naissance, adresse postale, email, téléphone5 ansUniquement si vous choisissez d'identifier les utilisateurs pour une raison justifiéeNe collectez pas ces données "au cas où"
Informations de compte : identifiant, pseudonyme, données de vérification ou de modification du mot de passe1 anSi le visiteur crée un compte pour accéder au réseauDistinguez les identifiants de compte des coordonnées relevant de l'identité civile
Données techniques : adresse IP et port associé, identifiant de l'utilisateur, numéro d'identification du terminal, numéro de téléphone1 anDès que vous offrez un accès publicC'est le socle : IP, port, identifiant du terminal, horodatage
Données de sécurité : origine de la communication, caractéristiques techniques, date, heure et durée, destinataires3 mois maximumSi vous les conservez pour sécuriser le réseauVérifiez la finalité et les éventuelles obligations spécifiques avant de choisir la durée

La fiche question-réponse de la CNIL confirme ces durées, catégorie par catégorie (CNIL).

Un même fichier peut contenir les 4 catégories. Un délai unique d'un an ne se justifie pas pour de simples journaux de sécurité, hors obligation légale spécifique. Si vous appliquez 3 mois à tout, vous ne conservez pas assez longtemps les données techniques. Il faut donc séparer les journaux, pas seulement changer un réglage global.

La CNIL rappelle aussi que le contenu des messages et les informations consultées sur le réseau ne font pas partie des données à conserver. Conserver l'historique complet des sites visités ne rend pas un réseau plus conforme. Cela crée au contraire un traitement supplémentaire, avec ses propres risques.

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L'erreur qui circule encore sur le décret de 2011

Deux erreurs reviennent souvent dans les articles sur le portail captif. Elles concernent le décret de 2011 et son statut actuel (Légifrance).

La première concerne la date. On lit parfois "le décret du 24 août 2011". Le texte qui a encadré cette matière est le décret n° 2011-219 du 25 février 2011, relatif à la conservation et à la communication des données permettant d'identifier toute personne ayant contribué à la création d'un contenu mis en ligne (Légifrance).

La seconde concerne la version en vigueur. Ce décret a été abrogé le 21 octobre 2021 par le décret n° 2021-1362 (Légifrance). Il n'est donc plus le texte de référence. Un article qui le cite comme s'il était encore en vigueur peut vous conduire à configurer les mauvaises durées, ou à croire qu'un portail est obligatoire.

Pourquoi cette précision compte ? Parce que la conformité se joue sur des détails de configuration. Un prestataire qui s'appuie sur un texte abrogé risque de reproduire une règle ancienne, notamment sur l'identification des utilisateurs. La règle actuelle est plus simple, et plus exigeante à la fois : conserver les bonnes données, pendant la bonne durée, pour la bonne finalité.

L'ancien texte et le décret de 2021 qui l'a abrogé sont consultables sur Légifrance.

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Ce qui a changé entre 2021 et 2026

Le cadre a bougé plusieurs fois. Les principales références figurent sur Légifrance et sur le site du Conseil d'État. Voici la chronologie utile pour comprendre pourquoi les sources divergent.

DateTexte ou décisionCe qu'il faut retenir
21 juin 2004Loi LCENPoint de départ du régime des prestataires techniques
25 février 2011Décret n° 2011-219Ancien texte sur la conservation des données, aujourd'hui abrogé
30 juillet 2021Loi n° 2021-998Réorganisation du cadre de la conservation des données de connexion
20 octobre 2021Décrets n° 2021-1361 et n° 2021-1362Nouvelles catégories de données conservées, en vigueur depuis le 21 octobre 2021
12 juillet 2022Arrêts de la Cour de cassationLa conservation généralisée et indifférenciée n'est admise que dans des cas limités, sous contrôle
30 juin 2023Conseil d'État, décision n° 459724Les recours de Free, Free Mobile et Scaleway contre les décrets de 2021 sont rejetés
15 octobre 2025Décret n° 2025-980Injonction de conservation d'un an sur certaines données de trafic et de localisation, pour la sécurité nationale
30 septembre 2026Décret n° 2026-920Renouvellement de l'injonction concernant certaines données de trafic et de localisation, avec entrée en vigueur le 21 octobre 2026

Le décret n° 2026-920 du 30 septembre 2026 renouvelle le dispositif à compter du 21 octobre 2026. Il concerne les catégories et les acteurs visés par le texte ; il ne permet pas de conserver le contenu des communications. Son articulation avec les journaux d'un établissement doit être examinée selon sa qualification, les données et la finalité. Le plafond de trois mois décrit par la CNIL pour les journaux de sécurité ne remplace donc pas une obligation légale spécifique. Faites valider cette ventilation pour votre configuration.

Cette chronologie explique aussi pourquoi il faut se méfier des articles qui citent un seul texte sans date. Le droit de la conservation des données de connexion est un empilement de textes, de décrets et de décisions. La bonne question n'est pas "quel texte cite-t-on ?", mais "quelle règle s'applique à ma situation aujourd'hui ?".

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Le portail peut-il créer un risque RGPD ?

Oui, s'il collecte plus que nécessaire. Le portail est une porte d'entrée. Ce que vous mettez derrière compte plus que la page elle-même.

Un portail captif peut collecter une adresse email pour créer un compte d'accès. C'est autorisé si cette collecte est nécessaire au parcours retenu, si la personne est informée et si la durée est définie. Le risque apparaît quand la même case sert à 3 choses : accéder au Wi-Fi, recevoir la newsletter et accepter des cookies publicitaires. Trois finalités, une seule case, aucun consentement valable.

La CNIL rappelle qu'un consentement doit être libre, spécifique, éclairé et univoque. Une case précochée ne vaut pas consentement. Une simple poursuite de la navigation ne vaut pas consentement. Conditionner l'accès au Wi-Fi à l'acceptation de la prospection commerciale fragilise le caractère libre du consentement. La configuration la plus claire sépare deux décisions : un bouton pour ouvrir l'accès, puis une case décochée pour choisir de recevoir les offres de l'établissement.

Les cookies suivent la même logique. Les traceurs non essentiels demandent un consentement avant dépôt, et le refus doit être aussi simple que l'acceptation. Un portail qui charge un pixel publicitaire avant le clic n'est pas conforme, même s'il affiche une bannière.

Enfin, les rôles doivent être écrits. Dans une configuration classique, l'établissement décide pourquoi il collecte et comment il utilise la base : il est responsable de traitement. Le prestataire du portail peut être sous-traitant s'il agit uniquement selon les instructions de l'établissement. Un contrat conforme à l'article 28 du RGPD doit alors encadrer la prestation : sécurité, confidentialité, recours à d'autres prestataires, assistance, suppression ou restitution des données.

Notre article sur la collecte d'emails et le RGPD détaille la mécanique du consentement et les mentions à afficher.

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La checklist en 10 points

Avant d'ouvrir un Wi-Fi public, ou avant de refaire votre portail, passez cette liste.

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Cartographiez les données réellement enregistrées par le contrôleur, le portail et le prestataire. Pas ce que vous croyez, ce qui est activé.

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Vérifiez l'horloge et le fuseau horaire des équipements. Un journal mal horodaté perd sa valeur.

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Configurez une durée par catégorie : 5 ans pour l'identité civile si vous la collectez, 1 an pour les données de compte et les données techniques, 3 mois maximum pour les données de sécurité.

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Mettez en place une purge automatique et vérifiez qu'elle s'exécute réellement.

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Séparez le réseau invité du réseau interne : caisse, postes, serveurs, caméras et imprimantes ne doivent pas être joignables depuis le Wi-Fi public.

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Utilisez un chiffrement à l'état de l'art et maintenez les équipements à jour.

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Informez les visiteurs : qui collecte, pourquoi, pendant combien de temps, comment exercer ses droits.

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Séparez l'accès au réseau de la prospection commerciale. La case marketing reste décochée par défaut.

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Écrivez les rôles : responsable de traitement, sous-traitant, contrat, personnes habilitées à consulter les journaux.

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Prévoyez la procédure de réponse aux demandes des autorités et aux droits des utilisateurs.

Si vous ne pouvez pas répondre à ces 10 points avec des preuves, le portail n'est pas le problème principal. La configuration l'est.

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Questions fréquentes

Le portail captif est-il obligatoire en France ?+

Non. Aucun texte n'impose un portail captif comme condition d'ouverture d'un Wi-Fi public. L'obligation porte sur la conservation de certaines données techniques de connexion et sur la protection des données personnelles. Le portail est un moyen pratique pour informer, encadrer et journaliser, pas une obligation en soi.

Faut-il demander une pièce d'identité aux clients ?+

Non, pas en principe. La CNIL indique qu'un établissement peut fournir un accès Wi-Fi public sans relever l'identité civile de ses clients. Si vous choisissez de l'identifier, la finalité doit être justifiée et les données d'identité se conservent 5 ans.

Combien de temps conserver les données de connexion ?+

1 an pour les données techniques permettant d'identifier la source de la connexion ou l'équipement utilisé, et pour les informations de compte. 5 ans pour l'identité civile si elle est collectée. 3 mois maximum pour certaines données de sécurité. Le contenu des communications n'est pas concerné.

Peut-on conserver les sites visités par les clients ?+

Non. Les informations consultées et le contenu des messages ne font pas partie des données à conserver au titre de cette obligation. Un outil qui les collecte poursuit un autre objectif et doit être évalué séparément.

Peut-on obliger un client à accepter la newsletter pour avoir le Wi-Fi ?+

Cette pratique fragilise le caractère libre du consentement. La configuration prudente sépare l'accès au réseau de l'inscription marketing. Une case décochée, une finalité claire et un bouton de connexion distinct sont plus solides.

Le portail suffit-il pour être conforme ?+

Non. Il facilite l'information et le parcours, mais il ne remplace ni la journalisation technique, ni les durées de conservation, ni la séparation du réseau public et du réseau interne, ni la documentation des rôles.

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Sources officielles

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CNIL, Fournir un accès internet public : quelles sont vos obligations ?, page mise à jour le 17 juillet 2024, consultée le 20 octobre 2026.

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Légifrance, décret n° 2026-920 du 30 septembre 2026, entrée en vigueur le 21 octobre 2026.

Cet article présente le cadre général au 20 octobre 2026. Il ne remplace pas l'analyse d'un professionnel du droit adaptée à votre établissement et à vos traitements.

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Vérifiez votre configuration

Un portail qui s'affiche n'est pas un portail qui enregistre les bonnes données. WiFeel peut inventorier les journaux générés par votre infrastructure, vérifier l'horodatage, séparer le réseau public du réseau interne et configurer les purges par catégorie. Vous saurez ce que votre installation enregistre, où les données sont stockées et ce qui reste à décider avec votre conseil juridique.

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