Oui, s'il collecte plus que nécessaire. Le portail est une porte d'entrée. Ce que vous mettez derrière compte plus que la page elle-même.
Un portail captif peut collecter une adresse email pour créer un compte d'accès. C'est autorisé si cette collecte est nécessaire au parcours retenu, si la personne est informée et si la durée est définie. Le risque apparaît quand la même case sert à 3 choses : accéder au Wi-Fi, recevoir la newsletter et accepter des cookies publicitaires. Trois finalités, une seule case, aucun consentement valable.
La CNIL rappelle qu'un consentement doit être libre, spécifique, éclairé et univoque. Une case précochée ne vaut pas consentement. Une simple poursuite de la navigation ne vaut pas consentement. Conditionner l'accès au Wi-Fi à l'acceptation de la prospection commerciale fragilise le caractère libre du consentement. La configuration la plus claire sépare deux décisions : un bouton pour ouvrir l'accès, puis une case décochée pour choisir de recevoir les offres de l'établissement.
Les cookies suivent la même logique. Les traceurs non essentiels demandent un consentement avant dépôt, et le refus doit être aussi simple que l'acceptation. Un portail qui charge un pixel publicitaire avant le clic n'est pas conforme, même s'il affiche une bannière.
Enfin, les rôles doivent être écrits. Dans une configuration classique, l'établissement décide pourquoi il collecte et comment il utilise la base : il est responsable de traitement. Le prestataire du portail peut être sous-traitant s'il agit uniquement selon les instructions de l'établissement. Un contrat conforme à l'article 28 du RGPD doit alors encadrer la prestation : sécurité, confidentialité, recours à d'autres prestataires, assistance, suppression ou restitution des données.
Notre article sur la collecte d'emails et le RGPD détaille la mécanique du consentement et les mentions à afficher.