Le redémarrage n'est pas la fin de la panne. L'ANSSI écrit que la sortie de crise peut être longue, la réponse technique, l'investigation numérique et le rétablissement des systèmes d'information pouvant prendre plusieurs mois. Le principe vaut aussi pour une panne ordinaire. L'écran se rallume avant que l'entreprise soit revenue à son rythme.
Poste 2, la reprise manuelle. Les commandes qui ne sont pas parties partent le lendemain, en plus de celles du lendemain. Les clients se rappellent un par un. Ce rattrapage se paie en heures supplémentaires et en journées hors planning. Il n'apparaît dans aucun tableau de bord : il se dilue dans la semaine suivante.
Poste 3, les achats faits dans l'urgence. On n'achète pas ce qui était prévu, on achète ce qui est disponible. Un modèle en stock au lieu du modèle du parc. Une prestation d'urgence au lieu d'une intervention planifiée. Chaque achat décidé dans la journée coûte plus cher que le même trois semaines plus tôt. Une règle s'ajoute ici : l'article L12-10-1 du code des assurances, issu de la loi n° 2023-22 du 24 janvier 2023, subordonne l'indemnisation des pertes et dommages causés par une atteinte à un système de traitement automatisé de données au dépôt d'une plainte au plus tard soixante-douze heures après la connaissance de l'atteinte. Une plainte déposée le lundi suivant peut suffire à faire tomber l'indemnisation.
Poste 4, la remise en ordre des données. Pendant l'arrêt, l'activité ne s'arrête pas toujours. On note sur un carnet, on prend les commandes au téléphone, on encaisse à part. Tout cela doit rentrer dans le système au redémarrage. Ressaisie, doublons, écarts de stock, rapprochement bancaire qui ne tombe pas juste. Ce poste se paie deux à trois semaines plus tard, quand personne ne le rattache plus à la panne.
Si des données personnelles ont été touchées, la CNIL rappelle qu'une violation doit être notifiée sous soixante-douze heures au titre de l'article 33 du RGPD, documentée dans un registre et signalée aux personnes concernées si le risque est élevé. Du temps de direction, pas de technicien.
Sur plus de 400 heures d'intervention sur site en 14 mois, le poste que nos clients chiffrent le plus mal n'est jamais le matériel. C'est le temps passé à remettre les données d'aplomb.