Quatre choses retiennent une entreprise au sol.
Le logiciel métier. Un client lourd installé sur chaque poste, qui attaque une base de données partagée, ne devient pas hébergé parce que vous le souhaitez. Cette question se pose à l'éditeur, par écrit, avant tout le reste.
L'annuaire. Microsoft écrit que Microsoft Entra ID n'est pas un remplacement de l'Active Directory local. L'Active Directory fonctionne en LDAP, Kerberos, NTLM, avec des unités d'organisation, des forêts et la stratégie de groupe. Entra ID est un annuaire plat, sans unité d'organisation ni forêt, qui parle SAML, OAuth 2.0 et OpenID Connect. Une application métier qui exige LDAP ou Kerberos ne se branche donc pas dessus telle quelle. Microsoft propose pour ce cas Entra Domain Services, un domaine géré qui rend la jonction au domaine, la stratégie de groupe, le LDAP et Kerberos. C'est un service en plus.
Les flux locaux. Numérisation d'un copieur vers un dossier, file d'impression, étiqueteuse, balance, automate, lecteur de badges. Ces équipements écrivent vers une adresse dans le bâtiment. Ils sont souvent le vrai motif du serveur restant.
La latence. Elle se mesure. Microsoft publie ses seuils pour le bureau à distance : un temps d'aller-retour inférieur à 150 millisecondes est bon, entre 150 et 300 millisecondes reste acceptable, au-delà de 300 millisecondes l'expérience est mauvaise. Un logiciel de saisie intensive au-dessus de ce seuil se paie en heures perdues tous les jours, pas en incident.
Vient alors le seul arbitrage qui compte : le jour où la ligne internet tombe, pendant combien de temps l'activité peut-elle tenir ?
Si la réponse est zéro minute, caisse, production, expédition, accueil, une partie du système reste au sol, ou la redondance doit être réelle et testée. Si la réponse est quelques heures, un lien de secours 4G fait le travail, à condition que la bascule soit automatique et testée, pas seulement configurée. Si la réponse est une journée entière, le cloud complet est jouable. Ce chiffre s'écrit avant de choisir, il commande le reste, budget compris.
L'ANSSI recommande une étude d'impact et une analyse de risques argumentée avant de migrer un système d'information vers le cloud. C'est ce calcul, formalisé.