Deux expressions rassurent tout le monde dans les contrats : les clauses contractuelles types et le cadre de protection des données entre l'Union européenne et les États-Unis. Aucune ne répond à votre question.
Le chapitre V du RGPD, articles 44 à 50, encadre les transferts vers les pays tiers. L'article 44 pose le principe : un transfert n'a lieu que si les conditions du chapitre sont respectées, sans compromettre le niveau de protection garanti par le règlement. Trois portes permettent d'en sortir : l'article 45, la décision d'adéquation, l'article 46, les garanties appropriées, l'article 49, les dérogations, réservées à des situations particulières.
Les clauses contractuelles types relèvent de l'article 46 : un contrat type adopté par la Commission européenne, décision d'exécution 2021/914 du 4 juin 2021, en quatre modules selon les rôles des parties. La CNIL est claire sur leur portée : les deux parties doivent évaluer si la législation du pays tiers permet de respecter le niveau de protection requis, et à défaut ajouter des mesures supplémentaires. Sinon, le transfert doit être suspendu. Une clause engage un cocontractant. Elle n'engage pas l'État dont il dépend.
Le cadre de protection des données relève de l'article 45 : la décision d'adéquation du 10 juillet 2023. Il ne couvre pas toutes les sociétés américaines, seulement celles inscrites sur la liste tenue par le département du Commerce, avec un engagement renouvelé chaque année, à vérifier avant le transfert. Le recours en annulation a été rejeté par le Tribunal de l'Union européenne le 3 septembre 2025, et au 21 août 2026 les États-Unis figurent toujours sur la liste des décisions d'adéquation de la Commission.
Reste l'article 48. Une décision d'une juridiction ou d'une autorité administrative d'un pays tiers exigeant qu'un responsable de traitement ou un sous-traitant transfère ou divulgue des données ne peut être reconnue ou rendue exécutoire qu'à la condition d'être fondée sur un accord international, tel qu'un traité d'entraide judiciaire.
Le RGPD dit ce que vous, exportateur, avez le droit de faire. Il ne commande pas l'autorité étrangère. Votre transfert peut être parfaitement encadré et la question rester entière. Cette page est informative : faites valider votre situation par un professionnel du droit.